Accident de la route : les bons réflexes
Un accident peut survenir en quelques secondes. Sur une route départementale comme sur une autoroute, les premières réactions des conducteurs et des témoins sont déterminantes pour éviter qu’un premier choc ne se transforme en drame.
Une chaussée glissante, une mauvaise visibilité, un instant d’inattention ou une circulation dense peuvent suffire à provoquer un accident. Dans ces moments souvent marqués par le stress et la confusion, conserver son calme et adopter les bons réflexes permet de sécuriser les lieux, de faciliter l’intervention des secours et de limiter le risque de sur-accident.
Protéger les lieux avant toute autre intervention
La première priorité consiste à empêcher qu’un nouvel accident ne survienne.
Lorsqu’un conducteur est impliqué dans une collision, il doit immédiatement allumer ses feux de détresse. Si son véhicule peut encore circuler, il convient de le stationner de manière à ne pas gêner la circulation ni l’accès des secours. Sur autoroute ou voie rapide, l’arrêt doit se faire autant que possible sur la bande d’arrêt d’urgence.
Les passagers doivent ensuite être éloignés de la chaussée. Lorsqu’une glissière de sécurité est présente, ils doivent se placer derrière celle-ci. Il est également recommandé de porter un gilet de haute visibilité avant de sortir du véhicule et, lorsque cela est possible, de quitter l’habitacle du côté opposé à la circulation.
Sur une route classique, le lieu de l’accident peut également être signalé à l’aide d’un triangle de présignalisation, à condition que sa mise en place puisse s’effectuer sans exposer le conducteur à un danger supplémentaire. Sur une voie rapide ou lorsque la circulation est particulièrement dense, il ne faut jamais prendre de risque pour installer un dispositif de signalisation.
Lorsque cela peut être réalisé sans danger, couper le contact des véhicules accidentés et les immobiliser permet également de réduire certains risques. Il faut surtout veiller à ne pas obstruer l’accès aux ambulances, aux pompiers, aux forces de l’ordre ou aux véhicules d’intervention.
Même dans un embouteillage, les automobilistes doivent impérativement faciliter leur passage : ces véhicules peuvent être en route vers l’accident qui bloque précisément la circulation.
Éviter à tout prix le sur-accident
Les témoins qui ne sont ni directement impliqués dans la collision ni en mesure d’apporter une aide utile ne doivent pas s’agglutiner autour du lieu du sinistre.
S’arrêter sans nécessité, notamment sur la chaussée opposée, peut créer un danger supplémentaire. Dans ce cas, mieux vaut prévenir les secours et poursuivre sa route lorsque les conditions le permettent.
Lorsqu’il n’est pas possible de dégager les lieux, il faut activer les feux de détresse, stationner de manière à ne pas gêner les véhicules d’intervention et mettre ses passagers à l’abri.
Sur autoroute et sur voie rapide, rester sur la chaussée représente un danger majeur. Les personnes sorties de leur véhicule doivent rejoindre aussi rapidement que possible une zone protégée, notamment derrière les glissières de sécurité.
Alerter les secours avec des informations précises
Une fois les lieux sécurisés, l’étape suivante consiste à donner l’alerte.
Le 112 permet de joindre les services d’urgence, notamment dans l’ensemble de l’Union européenne. En France, le 15 permet également de contacter le Samu, le 18 les sapeurs-pompiers et le 17 les forces de l’ordre.
Sur une autoroute, un périphérique ou dans certains tunnels, l’utilisation d’une borne d’appel d’urgence est à privilégier lorsqu’elle est facilement accessible. Elle permet aux opérateurs de connaître précisément la localisation de l’appel et de mobiliser rapidement les services compétents.
L’efficacité de l’intervention dépend aussi de la qualité des renseignements transmis. L’appelant doit indiquer aussi précisément que possible le lieu de l’accident, le numéro et le sens de circulation de la route, voire le point kilométrique lorsqu’il est connu.
Il faut ensuite expliquer la nature de l’accident, préciser le nombre de véhicules et de personnes impliquées, décrire l’état apparent des victimes et signaler tout risque particulier : véhicule immobilisé sur la chaussée, départ de feu, fumée, danger d’explosion ou risque de nouvelle collision.
Il est également utile de fournir son identité et un numéro auquel les secours pourront rappeler. Enfin, mieux vaut attendre les instructions de l’opérateur avant de mettre fin à la communication.
Secourir sans aggraver l’état des victimes
Porter assistance ne signifie pas improviser des gestes que l’on ne maîtrise pas.
En règle générale, une personne blessée doit rester à l’endroit où elle se trouve jusqu’à l’arrivée des secours. Il ne faut la déplacer qu’en présence d’un danger immédiat, comme un incendie, un risque d’explosion ou une menace directe liée à la circulation.
Une victime consciente peut être rassurée en lui parlant calmement. Il est également possible de la couvrir pour la protéger du froid.
En cas d’hémorragie importante, une compression de la plaie peut être nécessaire. D’autres gestes de premiers secours doivent toutefois être réalisés uniquement lorsqu’ils sont connus et maîtrisés. Les personnes formées aux premiers secours disposent naturellement de davantage de moyens pour intervenir en attendant les professionnels.
Certaines erreurs doivent en revanche être absolument évitées : ne jamais retirer le casque d’un motard accidenté, ne pas donner à boire ou à manger à un blessé et ne pas arracher les vêtements d’une personne brûlée.
Les témoins présents peuvent également être mobilisés pour appeler les secours, sécuriser les lieux ou maintenir d’autres personnes éloignées de la zone dangereuse.
Véhicule en feu : ne pas prendre de risques inutiles
Un départ de feu constitue une situation particulièrement dangereuse.
Lorsqu’un incendie débute et qu’un extincteur est disponible, une personne formée à son utilisation peut intervenir sans se mettre en danger, notamment en dirigeant l’extincteur vers la partie basse du moteur ou à travers la calandre.
Si le véhicule est déjà en flammes, la priorité est toute autre : mettre les éventuelles victimes en sécurité puis s’éloigner rapidement.
Il ne faut pas soulever le capot d’une voiture en feu, car l’apport soudain d’oxygène peut favoriser les flammes. Une distance de sécurité doit être conservée en raison des risques liés aux carburants, aux équipements du véhicule et, dans certaines configurations, à une explosion.
Il convient également d’interdire de fumer à proximité immédiate d’un véhicule accidenté.
Témoin d’un accident : une obligation d’assistance
La législation française prévoit des obligations pour les personnes confrontées à un accident.
L’article 223-6 du Code pénal sanctionne notamment le fait de s’abstenir volontairement de porter assistance à une personne en péril lorsqu’il est possible de lui venir en aide sans danger pour soi-même ou pour les tiers.
De son côté, l’article 434-10 concerne le conducteur qui, sachant qu’il vient de provoquer ou d’occasionner un accident, ne s’arrête pas et tente ainsi d’échapper à ses responsabilités civiles ou pénales.
La première forme d’assistance n’implique cependant pas nécessairement de pratiquer des gestes médicaux : sécuriser les lieux et prévenir rapidement les secours constitue déjà une intervention essentielle.
Après l’accident, remplir correctement le constat amiable
Lorsque l’urgence est passée et que la situation permet de s’occuper des démarches administratives, vient la question du constat.
Le constat européen d’accident, plus couramment appelé constat amiable, sert à décrire les circonstances du sinistre afin de permettre aux assureurs de déterminer les responsabilités et les modalités d’indemnisation.
Les deux conducteurs remplissent la partie commune sur les lieux de l’accident et la signent. Chacun conserve ensuite un exemplaire. La partie consacrée à la déclaration complémentaire peut être renseignée ultérieurement.
Une fois le document complété, il doit être transmis à l’assureur dans les délais prévus au contrat, généralement dans les cinq jours ouvrés suivant l’accident. Des photographies des véhicules, des dégâts et de la configuration des lieux peuvent également être jointes au dossier.
Lorsqu’un accident implique plusieurs véhicules, plusieurs constats peuvent être nécessaires. Un conducteur pris entre deux véhicules devra ainsi généralement établir un constat avec le véhicule qui le précédait et un autre avec celui qui le suivait.
Si l’un des conducteurs refuse de remplir ou de signer le constat, il est important de relever son numéro d’immatriculation. Les coordonnées d’éventuels témoins peuvent également être recueillies afin d’étayer la déclaration. Selon les circonstances, les forces de l’ordre peuvent être prévenues.
Rouler sans assurance peut avoir de lourdes conséquences
Conduire un véhicule sans assurance constitue un délit.
Au-delà des sanctions prévues par la loi, les conséquences financières d’un accident peuvent être considérables. Lorsqu’une personne est victime d’un accident causé par un conducteur non assuré, le Fonds de garantie des assurances obligatoires de dommages (FGAO) peut intervenir dans l’indemnisation selon les conditions applicables.
Le conducteur responsable non assuré s’expose en revanche à devoir supporter personnellement les conséquences financières du sinistre. Il peut notamment être tenu de rembourser les sommes avancées pour indemniser les victimes.
Dans les accidents graves, lorsque des dommages corporels importants sont en jeu, ces montants peuvent devenir très élevés et peser pendant de nombreuses années sur le responsable.
Trois mots à retenir : protéger, alerter, secourir
Face à un accident, la précipitation peut être aussi dangereuse que l’inaction. La priorité reste de protéger les victimes et les autres usagers, puis d’alerter les secours avec des informations aussi précises que possible et enfin de secourir dans la limite de ses compétences.
Quelques minutes peuvent parfois être décisives. Mais aider efficacement commence aussi par une règle élémentaire : ne jamais se mettre soi-même, ni mettre les autres, en danger supplémentaire.
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